Ce que Réjeanne trouve délicieux à la vie ?

Bienvenue au bric à brac des mots et des pensées pour partager ce que j'aime et n'aime pas.
Dans le dédale des phrases se profile ce que je préfère et ce qui nous nourrit...
Notre planète, nos paysages, nos contrées sans lesquels nous ne serions rien... Et nous...

samedi 15 août 2015

Dragon et princesse, lettre en réponse à une amie qui s'est prise pour un dragon

Bonjour Toi,
Salut Dragon, assis sur son volcan de cuir en fusion,

Tu n’imagines pas la surprise hier (vendredi si le dragon a un calendrier) en fin d’après-midi, rentrant du boulot et en attendant que l’eau bout (pour du thé, café… enfin quelque chose de chaud), je disais donc que tu n’imagines pas la surprise de découvrir dans ma grande boite aux lettre (grande surtout quand elle est vide ou presque) après quelques jours de petits éboulis de courriers papier échoués là, tels les factures ou avis d’imposition, de découvrir ta lettre qui n'attendait que ma visite et que je la saisisse du bout des doigts.
Elle est arrivée comme un point d’orgue tonique à tout (factures, impôts, boulot, thé, café) et je n’ai eu qu’une envie immédiate et fulgurante d’y répondre avant même de l'avoir lue.
En gravissant les escaliers (marche après marche, et non deux à deux et encore moins quatre à quatre, parce que c’est la fin de journée et que le cœur qui apporte l’énergie aux jambes missionnées pour gravir les escaliers, ce cœur donc a l’âge de ses artères et de ses jambes et ressent une lassitude certaine, peu juvénile, après toutes ces heures passées au bureau), tenant dans mes doigts ta lettre (que je ne savais pas encore être la lettre d’un dragon !), pressée par l’impatience de l’ouvrir, j’ai enfin posé mes affaires dans mon appartement (comme le point final d’une journée) et me suis jetée sur le coupe lettre.

Et là, oh, surprise ! Une averse comme une giboulée d’une autre époque sous un ciel presque bleu, illuminé des rayons du soleil, laisse apparaître un féerique arc-en-ciel reliant un point de l’horizon à un autre en passant par le zénith. Un arc-en-ciel en demi arc de cercle, un cerceau zéphyrien, déployé et scintillant pour mes yeux toujours émerveillés.
Le temps s’est suspendu…..un temps.
L’enveloppe customisée m’a attirée vers d’autres cieux, me rappelant ainsi d'anciennes correspondances adolescentes.
Et j’y réponds, à ma façon, allant à l’encontre de tes espérances (tu ne demandais pas de réponse). J'emprunte les moments nécessaires pour ces choses. L’amitié demande du temps…

Bon, un dragon assis sur un volcan. Et puis ? Règle-t-il sa flamme électroniquement ? Ou attend-t-il d’enlever la princesse ? Et d’abord où est-elle ? Dans son château, dans la tour la plus haute ou devant son miroir à se maquiller ? (Là, si elle se maquille, l’histoire va mettre quelques lignes avant de démarrer et le dragon devra être patient). Je pense au roi (le père de la princesse) assis sur son trône doré, qui s’ennuie et finit pas astiquer sa couronne pour la énième fois, et la reine (la belle-mère de la princesse, la marâtre en somme, qui a comploté et payer les services d’un dragon pour enlever la princesse, payer le dragon en cacahuètes parce que le dragon aime les cacahuètes et les faire griller avec son lance flamme) siégeant à côté du roi et baillant (à s’en décrocher les boucles d’oreille et colliers, cadeau de la fête des belles-mères), baillant d’ennui aussi. Un petit gars, jeunot, mignon et freluquet dans un autre pays, à côté d’un autre château où son père le roi siège également dans l’ennui, s’apprête à chevaucher son bel étalon blanc pour partir en promenade. Mais voilà, la princesse se maquille et n’a pas fini de s’apprêter, le roi s’est endormi sur son trône, la couronne sur les genoux et la reine belle-mère récite dans sa tête des recettes de poisons indiquées par une vielle femme sorcière vendeuse de pommes…empoisonnées.
Et le petit jeune mignon freluquet est sollicité par une vielle femme (ç’en est une autre) pour lui venir en aide et l'aider à ramasser du bois. La vielle femme est une fée déguisée qui va mettre une épée magique dans les fagots de bois pour que le jeunot petit prince sur son cheval blanc puisse combattre avec l’épée le dragon qui aura peut être enlevé la princesse pas encore empoisonnée et ainsi la délivrer des griffes du dragon et la soustraire aux complots de la reine belle-mère.
Ceci étant, le bois n’est pas encore ramassé, l’épée magique pas encore cachée dans les fagots de bois, le bois pas encore ramassé et les fagots pas faits et que la princesse n’a pas terminé son maquillage et mis tous les apparats dorés et brillants habituellement portés par une princesse, comme il se doit dans les histoires et en considération à son rang de princesse (il faut bien que le prince soit ébloui à un moment de l'histoire).

L’histoire commencera donc plus tard et la vie de château est un long fleuve tranquille sans fusion et sans crue.

Petits détails sans importance : la vielle femme (fée déguisée) que l’âge rend amnésique a oublié la formule et sa magie pour la mise en fonction de l’épée magique et le réglage électronique du lance flamme du dragon est en panne.

Alors prête pour l’escalade ? Quel jour ?
C’est très chouette d’escalader les arcs-en-ciel ! T’en verras de toutes les couleurs. Et pas de suée froide avec le chauffage par les flammes du dragon. Séchage instantané !
Pas de formule magique mais des nœuds magiques pour s’attacher à la corde. Impossible ainsi d’être enlevé par un dragon.. au cas où… on ne sait jamais !
Je tenais à te rassurer.

Je ne relis pas, je ne sais pas faire, ça m’ennuie ! 
Samedi 15 août, sous un ciel gris sans arc-en-ciel, sans fée et sous le charme d’un été qui décline.
A bientôt pour un prochain délire,

PS : Et si le dragon était amoureux de la princesse ? Ou du prince ? Ou des deux ? Une chose est sûre, le dragon n’épousera pas la sorcière !

Suite au prochain épisode.